Diffusion d'un documentaire consacré au Chemin de la Liberté

Nous avons le plaisir de vous annoncer qu'un documentaire consacré au Chemin de la Liberté sera diffusé le samedi 6 juin 2015 à 15h25 sur France 3.

Le chemin de la liberté - Documentaire

Le Chemin de la Liberté
Un film de Joel Montagu & Patrice Masini

Entre 1940 et 1944, près de 35 000 personnes franchissent clandestinement les Pyrénées pour échapper aux Nazis, au péril de leur vie. Mais la frontière ne marque pas la fin des épreuves. Une fois en Espagne, ces "évadés de France" sont pour la plupart arrêtés par la Guardia Civil et jetés en prison.

Le chemin de la liberté sera encore long...

Bande-annonce :


Documentaire de 52 minutes produit par Marie Chourgnoz et écrit par Jöel Montagu.
Image de Patrice Masini.
Responsable de production : Natacha Drion.
Musique : Gammapm.
Site : http://homemade-prod.com/le-chemin-de-la-liberte-bande-annonce

Le Chemin de la Liberté - Édition 2015

22ème édition - Les 9, 10, 11 et 12 juillet 2015.
Label du Président de la République dans le cadre du 50ème anniversaire des débarquements et de la libération de la FranceManifestation bénéficiant du Label de la Commission Historique du cinquantenaire des Débarquements et de la Libération de la France.

Pour la 22ème année, l'association Le Chemin de la Liberté organise sa randonnée commémorative sur les traces de ceux qui refusaient l'oppression nazie durant le dernier conflit mondial.

Cette manifestation, limitée à 120 participants, bénéficie du soutien technique de l'Eterlou Seixois, club affilié à la Fédération Française de la Randonnée Pédestre.

La responsabilité technique de la randonnée sera assurée par des accompagnateurs encadrants de l'association.

La randonnée, empruntant un itinéraire de haute montagne avec marche sur névés, est accessible à tout randonneur habitué à ce genre d'exercice, bien entraîné et correctement équipé (chaussures de montagne, équipement contre le froid et la pluie).

Les participants n'ayant pas le niveau requis ou dont le comportement pourrait nuire au bon fonctionnement du groupe seront reconduits en vallée.

Au départ, un contrôle de l'équipement vestimentaire pourra être effectué. Toute personne insuffisamment équipée sera refusée et ne pourra prétendre à aucun remboursement.

Pour bénéficier de la législation des manifestations organisées par des associations, tous les participants doivent être membres de l'Association "Le Chemin de la Liberté".
Le montant de l'adhésion de 20€ doit être réglé au moment de l'inscription en plus des frais de participation.

L'organisation se réserve le droit de modifier l'itinéraire et/ou le déroulement de la randonnée en fonction des conditions météorologiques (15cm de neige au matin du 14 juillet 2002 par exemple), ou de la hauteur résiduelle de neige (lors de la 20ème édition en 2013 et 21ème édition en 2014).

Chaque participant non licencié dans une fédération sportive gérant une activité randonnée doit présenter lors de l'inscription un certificat médical d'aptitude à la pratique de la randonnée en montagne au dessus de 2000m d'altitude et certifier être correctement assuré, notamment en responsabilité civile.

Pour satisfaire le plus grand nombre, deux formules sont proposées :
La Grande Traversée en 4 jours, du 9 au 12 juillet 2015.
La Haute Montagne en 2 jours, les 11 et 12 juillet 2015.

Programme de la 22ème édition :
Jeudi 9 juillet : 8h00 de marche, 1200 m de dénivelé positif.
- 07h00 : cérémonie de départ au pont du Chemin de la Liberté à Saint-Girons (390m).
- 12h00 : arrivée au col de l'Artigue (900m) à Sentenac d'Oust, cérémonie à la stèle du passeur Louis Barrau, buffet froid offert par la famille Barrau et la municipalité de Saint-Girons.
- 17h00 : arrivée à la stèle des Évadés de France à Aunac, commune de Seix (750m), cérémonie et transfert des randonneurs à Seix.
- 18h00 : vin d'honneur à la mairie de Seix.
- 20h00 : repas à la Maison du Haut-Salat. Hébergement des randonneurs au gymnase de Seix.

Randonnée du Chemin de la Liberté
Vendredi 10 juillet : 6h30 de marche, 1200 m de dénivelé positif.
- 07h00 : petit déjeuner à la Maison du Haut-Salat.
- 08h00 : départ de Seix (505m).
- 12h00 : arrivée au col de la Core (1395m), cérémonie à la stèle des Passeurs et buffet froid.
- 16h00 : arrivée à la cabane de la Subéra (1499m) et installation pour le bivouac libre hors cabane.

Randonnée du Chemin de la Liberté

Samedi 11 juillet : 8h30 de marche, 1620 m de dénivelé positif.
- 05h00 : départ des bus de l'ancienne gare SNCF de Saint-Girons (en face le Musée du Chemin de la Liberté).
- 05h30 : départ du bus de la Place de l'Allée à Seix.
- 06h00 : départ de la randonnée du Col de la Core (1360m).
- 08h00 : arrivée à la cabane de la Subéra (1499m). Collation offerte par les Anciens Combattants du Canton d'Oust.
- 08h30 : départ du parcours de haute montagne. Afin de mieux réguler la marche de chacun et d'assurer la plus grande sécurité pour tous, le cheminement se fera par groupes de 12 personnes encadrés par des bénévoles de l'association.
- 11h00 : cérémonie de la délégation britannique sur le lieu du crash d'un bombardier Halifax (2100m). Franchissement du col des Crabérous (2382m).
- 13h00 : repas tiré du sac à la cabane des Espugues (2110m). Passage à l'étang de Milouga (1959m) et au col de Pécouch (2462m).
- 17h00 : arrivée au refuge des Estagnous (2245m). Apéritif, repas (2 services si plus de 90 personnes) et nuitée au refuge.

Randonnée du Chemin de la Liberté

Dimanche 12 juillet : 6h00 de marche, 600 m de dénivelé positif.
- Petit déjeuner à partir de 6h30.
- 08h00 : départ vers l'Étang Rond (1929m), l'Étang Long (2125m) et le col frontière de la Pale de la Clauère (2522m).
- 13h00 : repas tiré du sac à l'étang de la Clauère (2230m) et descente vers la vallée de la Noguéra Pallaresa (1480m).
- 16h00 : transfert en 4X4 et bus vers Alos de Isil et Esterri d'Aneu.
- 18h00 : cérémonie de clôture au gymnase d'Esterri et buffet (possibilité de douche froide).
- 21h30 : départ des bus pour le retour vers Saint-Girons et Seix (arrivée après minuit).

Randonnée du Chemin de la Liberté

Participation aux frais :
La Grande Traversée en 4 jours - 135€ (115€ de frais et 20€ d'adhésion) pour :
- Buffet du jeudi midi ;
- Transfert d'Aunac à Seix ;
- Repas du jeudi soir ;
- Nuitée du jeudi et petit déjeuner ;
- Buffet du vendredi midi ;
- Repas du samedi soir ;
- Nuitée du samedi soir et petit déjeuner ;
- Transfert en 4x4 et bus vers Esterri d'Aneu ;
- Repas du dimanche soir ;
- Transport en bus d'Esterri d'Aneu à Saint-Girons ou Seix.
Possibilité de commander 1 repas froid pour le 12 midi, livré le matin au refuge des Estagnous.

La Haute Montagne en 2 jours - 115€ (95€ de frais et 20€ d'adhésion) pour :
- Transport en bus de Saint Girons ou Seix au col de la Core ;
- Repas du samedi soir ;
- Nuitée du samedi soir et petit déjeuner ;
- Transfert en 4x4 et bus vers Esterri d'Aneu ;
- Repas du dimanche soir ;
- Transport en bus d'Esterri d'Aneu à Saint-Girons ou Seix.
Possibilité de commander 1 repas froid pour le 12 midi, livré le matin au refuge des Estagnous.

Inscriptions :
=> Télécharger le formulaire d'inscription à l'édition 2015 de la randonnée au format .pdf et au format .odt.
=> Télécharger la brochure de l'édition 2015 au format .pdf.

Formulaire à renvoyer à l'adresse suivante :

Maison du Chemin de la Liberté
Boulevard Aristide Bergès - 09200 Saint-Girons
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Tél : 05 61 66 35 68 (Du lundi au vendredi de 14h00 à 17h00)

IMPORTANT : aucune demande d'inscription ne pourra être prise en compte si elle n'est pas accompagnée impérativement du chèque correspondant, du certificat médical d'aptitude à la randonnée au-dessus de 2000m, de l'assurance individuelle et de la fiche de renseignement intégralement remplie.

Renseignements :
Le Chemin de la Liberté - Logo © Gaston LagorreGuy SERIS, président de l'association
Tél : 05 61 66 87 60

Paul DEBONS, responsable de la randonnée
Tél : 05 61 70 34 94
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Renseignements complémentaires dans le livre :
"Le Chemin de la Liberté" de Scott Goodall
(Disponible à la Maison du Chemin de la Liberté)

Palo Treillet (1918-2005), passeur couserannais

Portrait de Palo TreilletNé en 1918 à Mont de Marsan, il perdit très jeune ses parents et fut élevé avec ses deux sœurs aînées par ses grands-parents maternels à Saint-Girons. Ils furent déclarés tous les trois Pupilles de la nation en avril 1925. Pendant ses études au collège, il adhéra très tôt aux jeunesses communistes. Son grand-père maternel Pierre Aragon, originaire de Rouze (Haut Couserans) lui transmit sa passion de la montagne, dont il deviendra de très bonne heure un fameux adepte ; après le bac, il fait au lycée Fermat une préparation aux grandes écoles.

Passionné d'aviation, il obtient son diplôme de pilote, breveté observateur ; après l'armistice du 22 juin 1940 il se fait démobiliser et rentre ensuite à la SNCF en juin 1941. Deux ans plus tard, nommé chef de convoi pour un départ de train à destination de l'Allemagne dans le cadre de la "Relève" (accord consistant au rapatriement d'un prisonnier français en échange de trois ouvriers allant travailler outre Rhin), il refuse de partir en Allemagne et du même coup rentre dans la Clandestinité.

C'est à Toulouse, "parrainé" par un de ses amis couserannais Benoît Faur, commandant FTP, qu'il adhère au réseau "Radio Patrie" sous le pseudonyme d'Étienne Ferrand, où il trouvera entre-autres en la personne d'Alain Moriquant un précieux auxiliaire, qui malheureusement tomba en décembre 1943, avec de nombreux autres camarades, dans une souricière tendue par la Gestapo, lors d'un rendez-vous à la banque Courtois, rue de Rémusat et à laquelle Palo, consécutivement au retard d'un train, échappa miraculeusement.

Le vrai nom d'Alain Moriquant, qui se faisait appeler aussi Ménard dans la Résistance était Alain Scheimann, enfant d'une famille allemande aisée qui dès 1939 avait pris le Furher en aversion et quitta rapidement le 3ème Reich. Il fit des études en France, puis s'engagea dans la légion étrangère qui, après le débarquement allié en Afrique du Nord, fut "récupérée" par le gouvernement de Vichy, avec lequel il ne voulait pas coopérer ; à ce moment là, il quitta l'armée et fut démobilisé à Auch, ce qui explique son engagement dans la région toulousaine ; ni Palo, ni Mireille ne connaissait ses origines, qu'il ne leur dévoila à leur grand étonnement qu'à son retour de captivité.

Ce dernier (Palo), spécialement apprécié par ses qualités de montagnard et une parfaite connaissance du terrain, (il avait de plus  le rare avantage de posséder une carte professionnelle SNCF qui lui permettait de mener à bien des missions loin de ses bases sans éveiller l'attention) fut contacté par le réseau "Françoise" de Marie-Louise Dissart, elle-même en relation avec des organisations tant hollandaises, qu'anglaises, belges ou suisses... auxquelles il rendit de précieux services.

Sur la photo ci-dessous, prise rue de Metz en 1943, Alain Moriquant est au centre, coiffé d'un chapeau ; Henri Marot dit "Mireille" est à gauche, Palo Treillet à droite :
Alain Moriquant, Henri Marot et Palo Treillet
Bien que connaissant parfaitement la topographie des lieux, il fit peu de passages par l'Ariège, dont l'itinéraire allait de Foix à Alos de Isil en passant notamment par Rimont, La Crouzette, Biert, Ercé, Aulus, Prat-Mataou, l'Étang d'Aubé, la Cascade d'Ars, le Port de Guillou ou de Saunou et enfin la descente sur le Val d'Aran ; car habitant et travaillant alors à Toulouse, il jettera plutôt son dévolu pour des raisons logistiques sur la Haute-Garonne, d'autant qu'il pouvait disposer comme "planque" à Cazères d'une maison appartenant aux parents de son épouse où seront hébergés de nombreux fugitifs ; il sera aidé dans ces missions par un autre passeur : Henri Marot, dit "Mireille" originaire lui aussi de la région, et qui, prisonnier en Allemagne, avait été libéré au titre de la dite Relève.
 
Le trajet habituel était le suivant : arrivée gare Matabiau à Toulouse, hébergement ponctuel chez l'habitant, le plus souvent au dernier étage place des Puits Clos dans le logement de Marot et de... Palo ; repas possible place Saint-Georges chez "Émile", puis départ en train pour Cazères (planque si besoin dans la maison de famille de l'épouse de Palo), ensuite par autobus jusqu'à Mane ; à partir de là et à pied on rejoignait Arbas (12 km), puis La Baderque, le col du Portet d'Aspet, Couledoux, le col d'Artigascou, le vallon de Melles, le col de Puymaurin, puis Canejan en Espagne.

Marie-Louise Dissart, dite FrançoisePériple long et particulièrement éprouvant, réalisé en toutes saisons et par n'importe quel temps (sauf dans l'éventualité de neige trop profonde) ; dans le meilleur des cas il ne fallait pas moins de trois jours pour l'effectuer, la grande partie du trajet se faisant de nuit pour des raisons de sécurité. La mission consistait à faire passer généralement des militaires, et en particulier des pilotes abattus par la DCA allemande, qui voulaient rejoindre les forces alliées en passant par l'Espagne ; ces groupes hétéroclites de 10 à 20 personnes, parfois plus, étaient composés surtout de militaires Anglais, Hollandais, Américains, Belges , Australiens... Une connaissance parfaite des lieux, des circuits et des habitudes des patrouilles allemandes, autant que la collaboration précieuse de certains "locaux" étaient les ingrédients indispensables au succès de ce genre d'aventure extrêmement périlleuse !    

Mireille et Palo formaient une équipe très sûre qui durant plusieurs passages permit à de très nombreux fugitifs de s'extirper des griffes des nazis. La plupart se déroulèrent sans incident ; seulement en quelques occasions ils durent par prudence rebrousser chemin momentanément et ne connurent qu'un échec, début février 1944, au sommet du Portet d'Aspet quand une partie du groupe qui avait fait halte dans une cabane très prisée des passeurs fut repérée par des Allemands et capturée.

En fait, Palo, parti en éclaireur, fut surpris par la patrouille qui lui tira dessus ; donnant rapidement l'alerte une partie du groupe (12 exactement) suivit les deux passeurs qui les ramenèrent en lieu sûr et en Espagne quelques jours plus tard ; mais certains autres trop fatigués (l'effort physique nécessaire était parfois exténuant pour certains) préférèrent se laisser prendre, pensant que la fin des hostilités était proche... et que le statut de prisonnier de guerre les préserverait. Mal leur en prit car ils furent tous déportés ; seuls deux hollandais, Timmers et Betsen, ne rebroussèrent pas chemin et tentèrent leur va-tout en s'enfuyant aussitôt, mais se perdirent dans la montagne enneigée.

Par bonheur ils "dérivèrent" sur le hameau d'Autrech (commune de Saint-Lary) où ils furent sauvés par la courageuse famille Ribis qui, de plus, fit convoyer clandestinement Betsen, souffrant de gelures, à l'hôpital de Saint-Girons où il fut amputé de quelques phalanges ! Cette cabane, théâtre du drame, a depuis été restaurée et s'appelle "La cabane des Évadés" : une stèle a même été apposée par les frères Arnold et Piet Higmans à cet endroit en 1996.

2015 - Assemblée générale du 23 janvier

L'assemblée générale du "Chemin de la Liberté" s'est déroulée le vendredi 23 janvier 2015 en la mairie de Seix à 18h30.

L'ordre du jour était le suivant :
• Bilan moral des actions menées durant l'année 2014.
• Bilan financier.
• Perspectives pour l'année 2015.
• Renouvellement du bureau.

Assemblée générale du 23/01/15
En voici le compte rendu :

L'assemblée générale de l'association du chemin de la liberté s'est déroulée le vendredi 23 janvier à la Mairie de Seix. Elle avait pour objectif de faire le bilan tant financier que moral sur les actions menées durant l'année 2014, d'élire un nouveau bureau et de proposer des actions pour 2015.

Forte d'un effectif de 140 membres et malgré les diminutions des dons et subvention, le bilan financier de l'exercice 2014 est équilibré et légèrement positif.

La météorologie de la saison estivale 2014 a pénalisé le bon déroulement de la marche du souvenir du mois de juillet. Elle a cependant réuni 120 participants mais a dû être modifiée à cause de l'abondance de neige sur la frontière espagnole. Les participants l'acceptèrent facilement vu le contexte et la disponibilité de l'équipe technique à modifier l'itinéraire.

Le nombre de visiteurs du Musée a également légèrement augmenté par rapport à 2013 (3400 au lieu de 3100).

Pour ce qui est de l'année 2015, la marche du souvenir aura lieu du 9 au 12 juillet en espérant une météo plus clémente.

Assemblée générale du 23/01/15
Un nouveau bureau dont la composition suit a été élu à l'unanimité :

- Président : M. Guy Séris.
- Membre d'honneur : Jean Souque et Paul Broué.
- Secrétaire : Dominique Terrier.
- Trésorier : Pierre Menaspa.

Assemblée générale du 23/01/15
• Commission Montagne :
Paul Debons, Paul Williams, Cyril Renaillier, René Cazalé.

• Commission Médias :
Roger Puech, Jean-Claude Rivière, Cyril Renaillier.

• Commission Liaison Étranger :
Scott Goodall, Paul Williams.

Pour terminer la soirée, l'ensemble des participants s'est réuni autour d'un buffet campagnard très convivial.

Hommage aux deux derniers prisonniers-évadés de Saint-Girons

"Un aller simple pour la France", telle était la demande qu'auraient certainement formulée en quittant prestement l'Allemagne, si l'affaire avait été aussi simple que cela, les 12 prisonniers de guerre saint-gironnais (un panneau leur est consacré au Musée du Chemin de la Liberté) qui tentèrent et réussirent pendant leur captivité dans différents camps et autres stalags du troisième Reich, un pari des plus fous, au prix d'une aventure insensée : l'ÉVASION !

Hélas, depuis la fin de la guerre, le temps tout doucement a patiné son œuvre ; les deux derniers survivants de cette extraordinaire épopée viennent récemment de disparaître (à 2 mois d'intervalle), comme s'ils s'étaient donné le mot et qu'aucun des deux n'avait voulu assumer à lui seul tout l'honneur et la charge d'être leur doyen.

Louis LaffiteIl s'agit de Joseph Balagué (93 ans), originaire de Lacourt (Espou), ancien commerçant bien connu à Saint-Girons, et de Louis Laffite (96 ans) originaire d'Erp (Araux), qui avait de solides attaches tant à Massat qu'à Saint-Girons, mais dont l'essentiel de sa carrière professionnelle se déroula dans la Ville Rose. En ces jours de recueillement, il était nécessaire, au cours d'un travail de mémoire indispensable, de leur rendre un dernier hommage, ainsi qu'à tous les évadés des camps nazis, en saluant leur courage, leur volonté, autant que leur détermination, faite souvent d'abnégation.

Car il fallait une sacrée force de caractère, aidée en cela par cette forme de hasard compatissant que l'on appelle chance, pour relever dans de telles conditions un défi si périlleux ! En effet, bien que démoralisés par une défaite humiliante, soumis d'emblée à des conditions de détention drastiques, affaiblis par de continuelles privations, laissés sans soin face aux maladies, aux épidémies, sujets aux brimades, aux punitions, ils trouvèrent malgré tout l'énergie suffisante pour se lancer dans cette incroyable aventure ; aiguillonnés en cela qu'ils étaient par l'indicible nostalgie de ce temps sublime d'hommes libres où la vie avait encore l'élasticité du possible et le goût suave de l'espoir, prochaines victimes d'un esclavage planifié...

Pour s'en convaincre, il suffit de lire le récit que chacun des 12 couserannais avait relaté à la fin du conflit sur sa propre évasion et qu'ils avaient consigné dans un petit opuscule, vendu en 1946 au profit des veuves et orphelins de guerre (consultable sur notre site) .

Joseph BalaguéEn ce qui concerne Joseph Balagué, on peut le qualifier d'opiniâtre de l'évasion, lui qui avait donné quelque peu ironiquement à son récit le titre de "Le merveilleux voyage", ne se référant en cela qu'à sa 4ème tentative ! (la plus "tranquille" et en train régulier, s'il vous plait !), car il avait réussi à monnayer chèrement la permission d'un civil français avec lequel il avait très habilement permuté d'identité. Par contre, les trois échecs précédents lui avaient valu un "stage" dans un commando disciplinaire en Bohème et un séjour de sept mois dans l'antichambre de l'enfer : le camp de la Mort de Rawa-Ruska où il fut déporté et d'où il réchappa... miraculeusement. Son périple s'échelonna du 17 août 1941, en partance de Munich-Dachau jusqu'à son arrivée à Saint-Girons le... 16 juillet 1943 : un bel exemple de ténacité !

Quant au titre qu'avait donné Louis Laffite à son récit "Au sortir de la Mort", il en dit long sur les dures conditions de sa captivité : 27 mois d'oppression tyrannique selon ses propres termes ! Le 6 septembre 1942, ne voyant son salut que dans la fuite, il s'échappa du camp de Sausemhein avec un de ses camarades d'infortune.

Faisant l'essentiel du trajet à pied, par monts et par vaux, de la ligne Siegfried à la plaine de Reichoffen, du canal de la Marne au Rhin jusqu'à la Lorraine, ils bénéficièrent d'une chance tenace qui les préserva (parfois de peu) des balles et des chiens policiers des patrouilles allemandes.

Après mille péripéties et au bord de l'épuisement, ils atteignirent la ville d'Epinal et enfin celle de Dôle où un passeur "providentiel" les fit traverser en zone libre. Parti le 6 septembre 1942,  il regagna ainsi son village natal le 24 du même mois : un record !

La lecture des récits prégnants de toutes ces évasions nous forcent à l'admiration et au respect à l'égard de ces 12 prisonniers ; au moment même où viennent de disparaître leurs deux derniers représentants, nous nous devions d'avoir envers eux une pensée émue et reconnaissante.